Cette chanson est née d’une histoire vraie. Un homme m’a raconté comment il avait tout quitté — son Espagne natale, ses repères — pour s’installer dans un village d’Ariège, au plus près de sa fille. J’ai écrit ce texte avec ses yeux de père : sa souffrance, son espoir, et cette trompette jouée chaque jour sous une fenêtre, en attendant qu’un jour la porte s’ouvre. Une histoire d’amour paternel racontée avec les yeux de celui qui l’a vécue.
Paroles
Qu’il neige, qu’il vente ou que le soleil me crame,
Les tempêtes me font valser comme des milliers de flammes,
Et je joue et je tourne dans cette allée dévastée,
Au son de ma trompette, rien ne me fera reculer
De ces soirées bien arrosées et ces rencontres improvisées
La vie sait nous improviser des histoires bien arrosées
Des rencontres appréciées et des secrets cachés
Mais le cœur sait nous rappeler que les chairs sont reliées
Elle est née au milieu de ces querelles répétées
De ces adultes miséreux qui aiment les raconter
Pour que perdure leurs rancœurs, pour ne pas se relever,
Oubliant qu’entre tous les 2, un cœur a besoin d’être aimé
Perchée en haut de cette fenêtre, que je vois tel un mirador,
Se trouve une petite fille que je chéris, que j’adore,
Mais comment lui faire savoir qu’elle a un père en or,
Lorsque son livre de chevet lui raconte que son père est mort
J’aimerais tellement qu’on puisse vivre une vie heureuse,
Moi, la seule chose que je peux faire est de lui chanter la vie en rose,
Tous les jours comme un piaf, au pied de sa cage j’ose
Lui jouer ces sons doux et lui murmurer mes plus belles proses
Comme le soleil qui ne pourra jamais éclipser la lune,
Comme les mauvais vins dont on ne pourra jamais faire disparaître l’amertume,
Comme les beaux apparats qui ne masqueront jamais l’infortune,
Le son de mes instruments se glisse dans les oreilles de ma petite brune
Et elle chante, et elle danse jusqu’au soleil couchant,
Sur ce que ses oreilles l’invitent à entendre tendrement,
Et elle sait que l’inconnu qui fait les 100 pas hurlants,
En bas de sa rue est son papa aimant
Elle fredonne ses chants qui depuis si longtemps
Elle les entend constamment, les chantant même à sa maman,
Comment cacher ce secret, lui dire à cet enfant,
Comment cacher ce papa, si tenace finalement
Maman, je l’ai toujours su, présente-moi mes parents,
Même si votre passion fut courte, le mensonge est trop long
Il a passé trop de temps dehors avec tous ses chants,
Et moi là-dedans, j’ai besoin d’un papa, d’une maman
J’entends des pas… la porte s’ouvre,
Mon cœur bat… je garde mon souffle
Elle vient vers moi… mes bras s’ouvrent
Elle se serre tout contre moi… je te retrouve…
